POURQUOI VOUS N'AVEZ PAS LE « DROIT » AU BURNOUT (ET COMMENT SURVIVRE) ?
- 8 janv.
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1. INTRODUCTION
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur la chaîne MB Consulting. Je suis Mickaël Brugier et je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui pour vous parler, à vous, dirigeants d’entreprise. Vous qui n'avez pas le droit à l’épuisement professionnel. En tant que dirigeant, on attend de vous que vous teniez bon quoi qu’il arrive : payer les salaires, rassurer les équipes, convaincre les banques, absorber les crises…etc. Ceci n'est pas un jugement moral : c'est une réalité stratégique de l'écosystème entrepreneurial qui commence enfin à être qualifiée et quantifiée. Le temps du dirigeant perçu comme un « pilier infaillible » qui ne peut montrer aucune vulnérabilité est révolu. Cette culture est toxique et menace la stabilité même de votre entreprise, puisque votre capital psychologique est une ressource vitale qui influence très souvent directement la performance de cette dernière.
Les chiffres sont clairs : près de quatre entrepreneurs sur dix présentent des signes de burnout, et plus d'un tiers des dirigeants, de la tech et l'innovation, ont une probabilité modérée à élever d’en être victime. Selon la dernière étude Willa, Harmony Mutuelle et CSA Research, vous êtes 88 % à vous sentir émotionnellement vidés par votre travail au cours de l’année écoulée. Et pourtant, votre santé est l’actif immatériel le plus important de votre entreprise. Dans cette vidéo, nous allons décortiquer pourquoi votre épuisement n'est pas qu'un problème personnel, et surtout, nous allons voir comment les données des études récentes montrent la voie pour survivre et bâtir une culture de résilience. C’est partie !
2. PARTIE 1 : Le Burnout, un Risque Stratégique Majeur
Pourquoi parler de « droit » au burnout est-il stratégiquement inapproprié ? Car un dirigeant en souffrance prend de mauvaises décisions, il peut aussi démotive ses collaborateurs, freiner l’innovation ou encore affaiblir durablement l’ensemble de la structure. Neuf dirigeants sur 10 considèrent d'ailleurs que leur état psychologique influence directement la dynamique et la performance de leur entreprise. Si vous perdez votre énergie, « tout s'effondre » pour l'entreprise. La santé mentale est devenue un enjeu stratégique.
Ce mal-être est structurel. Plus des trois quarts des dirigeants ressentent des symptômes de stress au moins une fois par semaine, et plus d’un tiers le ressentent quotidiennement. De plus, la proportion de dirigeants se déclarant en bonne forme psychologique baisse, tandis que les symptômes d’anxiété et les réveils nocturnes augmentent. Les causes sont multifactorielles : la charge de travail est citée par 62 % des dirigeants, la gestion des ressources humaines par 51 %, et la pression des résultats financiers par 43 %. En parallèle, environ 2 dirigeants sur 3 travaillent plus de 50 heures par semaine tout en ressentant cette pression psychologique même pendant leurs périodes de repos. Malgré cela, 85 % se disent « en bonne santé »… Le dirigeant est perçu comme le pilier qui ne doit jamais flancher, surtout dans les TPE/PME où l’entreprise repose principalement sur lui et où reconnaître sa fatigue peut être vécu comme une menace pour sa légitimité. En réalité, il s’agit d’une forme d'hypervigilance chronique qui épuise les ressources. Pour rappel le tissu économique français est très majoritairement représenté par des TPE et des PME…
Cette surcharge se manifeste physiquement avec des troubles du sommeil, des douleurs chroniques, voir même problèmes cardiaques. Pour être plus précis sur les effets d’un sommeil insuffisant, je rappelle que cela nuit aux fonctions exécutives, à la concentration et à la tolérance au stress. Or, 71 % des dirigeants dorment moins de 7 heures par nuit en semaine, et près de la moitié ne dorment que rarement ou jamais suffisamment. En ce qui me concerne, j’ai accompagné un dirigeant durant un peu plus d’un an et qui a retrouvé des nuits correctes : depuis 10 ans, il ne dormait que 5 heures par nuit. Aujourd’hui, il a finalement retrouvé une durée de sommeil plus correcte d’environ 6-7 heures, même s’il y a eu des rechutes. D’autre part, afin de tenir, certains peuvent avoir recours à des « béquilles » dangereuses : comme la consommation d'alcool ou la consommation de médicaments contre l'anxiété et la dépression, même si cela reste marginal.
Ce qu’il vous faut comprendre c’est que toutes ces altération d’états influence votre lucidité.
3. PARTIE 2 : Le Tabou et le Déni : l'Obstacle à la Survie
Si le danger est si évident, alors pourquoi l'action est-elle si limitée ? La culture entrepreneuriale valorise la résilience et la surcharge de travail, intégrant cette fragilité mentale comme une « norme », et le dirigeant est souvent associé à l'image d'une sorte de « super-héros » invincible. Près de deux tiers des dirigeants estiment que consulter un professionnel reste tabou, par crainte d'être jugés ou de perdre leur crédibilité.
Ce tabou mène à l'isolement. Les dirigeants n'osent pas exposer leurs difficultés, de peur d'envoyer des signaux négatifs aux investisseurs ou aux collaborateurs. Ce besoin de constamment afficher une image positive renforce le sentiment de solitude. En cas de difficulté, 83,5 % disent se tourner d'abord vers leurs proches, mais moins d'un sur cinq consulte un professionnel de santé mentale. Dans les petites structures, cet isolement est encore plus marqué en l'absence de relais internes (DRH, DAF…etc.), et la peur de l'échec est vécue comme un « effondrement personnel ».
L'autocensure est forte : 65 % des entrepreneurs avouent ne s'être jamais informés sur la charge mentale. L'idée même de s'arrêter est un combat. Delphine Cochet, CEO de Ma Bonne Fée, résume la difficulté de fixer des limites : « Accepter que ce soit l'horaire, et non la liste de tâches interminable, qui détermine l'arrêt du travail ». De plus, 33 % des dirigeants ont renoncé à voir un médecin dans l’année écoulée, dans 68 % des cas par manque de temps et dans 34 % pour privilégier leur activité. Cela illustre parfaitement la phrase souvent entendue par Olivier Torrès est : « Je n’ai pas le temps d’être malade ».
4. PARTIE 3 : Comment Survivre et Prospérer - Les 4 Piliers de la Résilience
Pour vous aider, je vous propose de mettre en œuvre une démarche basée sur 4 piliers.
4.1. Premier pilier : reprendre la main sur les signaux d’alerte
Tout d’abord, apprenez à reconnaitre les différents signaux qui vous mettrons en alerte :
Niveau 1 : signaux faibles : irritabilité, perte d’enthousiasme, troubles du sommeil ponctuels, fatigue diffuse.
Niveau 2 : signaux forts : réveils nocturnes répétés, difficulté à décider, repli sur soi, cynisme, douleurs physiques persistantes.
Niveau 3 : signaux critiques : perte de sens, idées de tout arrêter, isolement, pensées suicidaires (à traiter comme une urgence absolue).
Ce ne sont pas des fragilités, ce sont des indicateurs de tableau de bord, au même titre que pour votre trésorerie ou votre climat social.
4.2. Deuxième pilier : La Proactivité
Puis, si vous ne pouvez pas vous « permettre » le burnout, vous devez faire de votre santé mentale une priorité, au même titre que votre stratégie commerciale.
Savoir lâcher prise et déléguer : D’une part vous devez apprendre à accepter que votre « to-do list » ne sera jamais terminée. Et d’autre part que vous ne pouvez être sur tous les fronts. La délégation et le co-développement sont essentiels pour alléger la charge. Savoir vous fixer des limites est important (66 % des dirigeants travaillent plus de 45 h par semaine !). En sachant dire non et en sachant priorisé, en utilisant, par exemple une matrice d’Eisenhower, vous pourrez distinguer l’urgent de l’important.
Adopter des pratiques de bien-être : Vous pouvez intégrer des pratiques régulières comme la méditation ou de l'activité physique qui sont d’excellents régulateurs de stress. Vous pouvez aussi aller vous balader, profiter de la nature… Vous pouvez aussi vous fixez-vous des horaires de coucher et de lever. Refaire le plein et prendre du temps pour vous quoi…
Adopter un autre point de vue sur le coaching ou la thérapie : vous devez cesser de voir la consultation comme un aveu de faiblesse ou un perte de temps. Au contraire, chercher des solutions est un signe de bonne santé mentale. Un accompagnement psychologique est un investissement stratégique pour la pérennité, car un dirigeant mieux armé est plus lucide et résilient.
4.3. Troisième pilier : La Gouvernance et la Culture
Ensuite, la survie passe par un changement de culture et la gouvernance de l'entreprise. Pour faire cela, vous pouvez :
Intégrer la Santé Mentale à votre Gouvernance : Le sujet doit être abordé de façon formelle. Il ne doit plus être une simple « case à cocher » mais quelque chose dont vous vous souciez réellement pour vous et vos collaborateurs.
Promouvoir l'Equilibre vie pro/vie perso : Attention, l’équilibre est personnel. Chacun à son propre équilibre et celui-ci peut fluctuer. L’important est d’être à son écoute afin d’être aligner personnellement.
Structurer le Soutien : Mettez en place des dispositifs de soutien psychologique accessibles et confidentiels, ou des sessions de co-développement pour partager les problématiques entre collaborateurs, par exemple.
Accepter la Vulnérabilité : Un dirigeant qui ose parler de ses difficultés envoie un message clair à ses équipes : prendre soin de soi est une force, pas une faiblesse.
4.4. Quatrième Piliers : Demander de l'Aide
Enfin, vous pouvez utiliser les ressources existantes pour demander de l’aide, comme :
Mobiliser les pairs: La pair-aidance, c’est-à-dire, le soutien entre entrepreneurs est une ressource à développer. Des dispositifs existent déjà, comme l'APESA (Aide Psychologique aux Entrepreneurs en Souffrance Aigüe), qui travaille avec les tribunaux de commerce. Vous pouvez aussi rejoindre des réseaux de chefs d’entreprise afin de sortir de l’isolement ou des groupes de parole.
Demander un soutien aux professionnels de l’accompagnement : N’hésitez pas à faire part de votre besoin d'accompagnement, notamment par le coaching ou la thérapie.
Bénéficier d’un suivi médical préventif : Près de la moitié des dirigeants (45,2 %) se disent favorables à l’instauration d’une obligation légale de suivi médical préventif, reconnaissant que cela pourrait être un filet de sécurité pertinent. N’oubliez pas, vous n’avez qu’une seule santé !
5. CONCLUSION
Non, le système ne vous accorde pas le droit au burn-out : il vous pousse à tenir, coûte que coûte. Pourtant, votre entreprise n’a pas besoin d’un héros épuisé, mais d’un dirigeant lucide et qui dure dans le temps. Le burn-out d’un dirigeant n’est pas un échec personnel : c’est le signal d’une charge systémique non maîtrisée. Votre « droit » à l’épuisement s’arrête là où commence l’exigence de performance durable pour votre entreprise. Prendre soin de votre santé mentale n’est ni un luxe, ni une faiblesse, mais une condition indispensable à votre réussite sur le long terme. Soyez le leader lucide, créatif et résilient que votre entreprise mérite, et pour cela, commencez par veiller sur votre actif le plus précieux : vous-même.
Votre santé mentale est votre premier actif immatériel, un véritable levier de performance durable, pas un sujet secondaire. Vous seul pouvez, vous donner le « droit » de lever le pied avant qu’il ne soit trop tard.
Dans le cadre de mes accompagnements, j’entends souvent mes clients reconnaître qu’ils ne prennent pas le temps de consulter leur médecin pour surveiller leur propre santé. Quand j’entends cela, je leur pose une question que je vous pose aujourd’hui. Que répondriez-vous à cette question : « Si vous ne prenez pas soin de votre santé, qui le fera pour vous ? »
Je vous invite à commenter pour partager la manière dont vous préserver votre santé et votre santé mentale au quotidien, et ainsi nourrir une culture plus ouverte et moins tabou autour de ces thématiques du dirigeant.
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6. Bibliographie
Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur, & Bpifrance Le Lab. (2025). Baromètre santé des dirigeants de TPE/PME : Focus consommation à risque et sommeil. Occurrence.
Choiseul, Institut. (2025). Santé mentale des dirigeants : Sortir du tabou, bâtir une culture de résilience. Études Choiseul.
WILLA, Harmonie Mutuelle, & CSA. (2024). Panorama de la santé mentale des entrepreneur.se.s : L’entrepreneuriat au bord du burnout.








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